Lors d’un concours, l’architecte s’entoure le plus souvent d’une équipe de spécialistes qui lui apportent chacun leur compétence propre : ingénierie, paysage, sécurité, économie, etc.
En intégrant cette équipe, je propose mon savoir-faire qui va plus loin que ma seule technique d’illustration.
Parce que l’architecture a beaucoup évolué ces vingt dernières années, l’expérience compte beaucoup ; la mémoire des projets, leurs différences, leurs forces ou leurs faiblesses, leur mise en scène, toute cette culture de l’image d’architecture permet un regard critique qui saura mettre en avant les atouts du bâtiment en devenir.
Pour tirer le meilleur parti de cette collaboration, il est très important que vous sachiez me transmettre des documents sensibles et expressifs qui permettent
une approche sensitive et poétique de votre proposition, par delà l’analyse technique qui s’impose.
En amont du rendu, je demande donc, dans la mesure du possible :
Ces documents permettent une première imprégnation, difficile plus tard, au cœur de la « charrette ». Attention : envoyez soit des documents papier, soit des fichiers de type « image » (jpeg, jpg, pdf, tiff), surtout pas de format dwg !
Fig1 : une modélisation de travail envoyée par le client.
À la date convenue, vous m’envoyez l’ensemble du dossier, le plus complet possible. Si une modélisation 3D a été réalisée, une série de vues permet une approche rapide. Sur cette base de documents, je réalise une ou plusieurs esquisses, au trait,
parfois en couleur si le sujet l’exige, que je vous transmets.
Le choix de l’angle de vue est très important ; il faut parfois plusieurs échanges pour trouver le bon.
Fig2 : l’esquisse au trait décidant de l’angle de vue, l’intention de mise en scène,
une première idée de l’ambiance lumineuse.
Une fois l’angle choisi, je réalise une épure au trait de la perspective. Cette épure peut être un « plus » graphique pour le rendu final. Si vous avez un modèle 3D, nous réglons avec l’infographiste l’angle, les lumières, éventuellement l’expression d’un pré-rendu.
Sur cette épure ou ce pré-rendu, il est important que vous portiez un dernier regard exigeant, pour relever d’éventuelles erreurs d’interprétation, détailler les matériaux, apporter une ultime modification.
Fig3 : l’épure, construction géométrique du bâtiment en perspective.
En fonction du style et des contraintes techniques de l’image, la réalisation se fait à la main, le plus généralement à l’acrylique et crayons de couleur sur un tirage marouflé sur carton. Ce premier original, réalisé dans un format adapté au travail à la
main, est ensuite scanné, numérisé et retouché à la palette graphique sur l’ordinateur. Le rendu peut aussi être effectué directement avec la palette graphique. Le fichier numérique est alors prêt à vous être envoyé.
Fig4 : l’image finale. Centre sportif de Crémieu. Enri CHABAL architecte. 2005.
Durant le temps de réalisation de l’image, il est bien rare qu’aucun remords, aucune évolution n’apparaissent dans le projet de l’architecte. Des retouches minimes sont possibles sur Photoshop. Il est cependant prudent d’éviter les reprises trop majeures qui sont parfois difficiles à fondre dans le résultat final, et peuvent même remettre en cause la cohérence première de l’image.
Je n’insisterai jamais assez sur l’importance du travail de communication préliminaire : il permet de fixer les priorités de l’image qui, bien pensée dès le départ, peut se permettre quelques différences avec le reste des documents graphiques.